« Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! » (Galates 4:6 )
Si tu veux pousser un théologien à se lancer à grands cris dans un sermon agacé, dis-lui simplement que le mot équivalent en français pour le terme Araméen « Abba », c’est papa. (Jésus parlait Araméen). Il signifie définitivement « père » ou « le père », mais certains disent que c’est le nom intime par lequel un petit enfant appellerait son père.
D’autres frissonnent et disent : « Ce n’est pas respectueux. Il est le Créateur de toutes choses, notre Sauveur. Nous ne pouvons pas Le déshonorer en L’appelant ‘papa.’ »
Un sens différent
Je crois que, quand nous essayons de définir un mot comme « père », cela a un sens différent pour chacun de nous. En France, « papa » fonctionne toute la vie. Il ne s’agit ni d’irrespect, ni de langage « bébé. »
Un mois environ après la mort de mon père, j’ai fait un des rêves les plus nets de ma vie. La mort de mon père m’a touché plus que n’importe quelle autre. J’avais l’impression d’avoir perdu l’un des piliers de ma vie. Quand nous étions au Luxembourg, papa appelait toutes les deux semaines, sans jamais oublier. Cette nuit-là, j’ai rêvé de lui et ça avait l’air si réel que j’ai presque cru que Dieu lui avait permis de m’appeler depuis le Ciel.
« Papa, tu nous manques » ai-je dit avec des larmes. Il n’a pas vraiment dit quoi que ce soit, et le rêve a pris fin. Tu vois, un gars du sud des Etats-Unis appelle souvent son père « papa » (Daddy plutôt que Father en anglais) depuis le berceau jusqu’après la mort. Pas d’irrespect pour autant.
Respect, intimité… Ou les deux ?
Je crois que cette dispute « père-papa » est en réalité une dispute entre ceux qui voient Dieu comme tout puissant, digne d’être craint et respecté et ceux qui préfèrent le voir comme leur meilleur ami, proche, avec une relation personnelle. Un Dieu qui a pour nous des transports d’allégresse (Sophonie 3 :17). Tu sais quoi ? Il est les deux. Et bien plus encore.
Un mot qui a du poids
Pour certain, le mot « père » est chargé de souvenirs – bons ou mauvais – et quoi que nous fassions, notre histoire personnelle intervient forcément sur ce qui nous vient à l’esprit quand nous disons « Père ! » Certains de nous doivent redéfinir ce mot dans leur cœur pour pouvoir l’appliquer correctement à Dieu.
Une amie avait un père qui lui avait fait des choses monstrueuses et quelqu’un lui a demandé un jour si son expérience avec son père terrestre n’allait pas l’empêcher d’avoir une idée juste de son Père céleste.
En entendant cette histoire, j’y ai réfléchi. Si je ne pouvais pas ressentir ce que je voulais pour mon père terrestre, est-ce que cela m’arrêterait ? Non. Aimer mes propres enfants me permet de savoir ce qu’un père terrestre (ou un parent) ressent à propos de ses propres enfants. Et, si Dieu ressent la moitié de l’amour que je ressens pour mes enfants, alors Son amour est énorme.
Mais la vérité, c’est que mon amour pour mes enfants pâlit à côté de l’amour de Dieu pour moi (et pour eux).
Un mélange
Chacun de nous a sa propre définition du « Père. » Mais pour comprendre l’idée biblique, il doit y avoir un puissant mélange de respect et d’intimité.
Une intelligence artificielle que j’ai consultée dit les choses ainsi : « Abba est un terme araméen – la langue que Jésus parlait dans sa vie de tous les jours. Il est souvent traduit par « père », mais cela peut prêter à une mauvaise interprétation. Il n’est ni enfantin comme « papa », ni rigide comme « père. » Il s’agit d’un terme remplit de chaleur, d’intimité, d’esprit de famille – quelque chose comme « cher père » ou « mon père », utilisé à la fois par des enfants et des fils adultes. »
Pour moi « Père » exprime le respect que j’ai pour Dieu, mais il ne rend pas l’intimité que je ressens en Sa présence. (Tu sais quoi ? Quelque temps après avoir écrit cette phrase, je me suis rendu compte que, quand je prie, je m’adresse souvent à Dieu en l’appelant « Père » ou « Seigneur. » Alors, peut-être que je devrais ignorer ce que j’ai dit : je pense que « père », un mot qui pour moi paraissait formel et distant, a finalement pris la dimension de cette proximité que je ressens pour Dieu.)
Qui est ton père ?
Père… sévère, distant, têtu, violent, prompt à critiquer, exigeant ou aimant, bon, gentil, protecteur, enseignant, ami, héros.
Chacun de nous a sa propre définition du « père » et notre idée du « Père » détermine comment nous nous approchons de Lui.
Si nous ne voyons notre « Père » que comme un Dieu puissant, digne de louanges mais distant, nous allons passer à côté du « Dieu avec qui Adam et Eve marchaient dans le Jardin d’Eden » et de ce sentiment d’intimité que le Seigneur désire également.
Si nous voulons uniquement un « bon copain dans le Ciel » ou un camarade de jeu céleste alors que nous devrions être adultes en Christ, nous devons faire marche arrière et laisser nos bouches s’ouvrir en grand devant la majesté du Dieu incroyablement grand que nous servons.
Le pasteur/auteur Eugène Peterson a commenté : « Il y a, c’est certain, une intimité et un plaisir enfantin derrière l’utilisation d’Abba. Mais le mot porte également une notion d’émerveillement, de respect et de révérence… Le fait que Sa nature soit tellement « autre » n’est pas diminué par notre affection. L’intimité n’enlève rien à la révérence. »*
Laissons le dernier mot à Billy Walker qui l’a très bien dit dans son vieux cantique Combien Dieu est grand ? « Il est assez grand pour régner sur tout l’univers, mais assez petit pour vivre dans mon cœur. » C’est bien Lui.
