Un papa qui était un véritable héros - Taches de Café - David Porter - 25 juin 2026

   

Dimanche, c’était la fête des pères et cela m’a beaucoup fait penser à mon papa qui est décédé il y a vingt-cinq ans. Est-ce que ça t’ennuie si je te parle un peu de lui ?

 

Quand j’étais petit, je voyais les garçons à la télévision se vanter : « Mon père est plus fort que ton père. Il est meilleur à ceci ou cela. » Et j’étais un peu déçu, parce que mon père n’était pas grand avec des gros muscles. Il faisait environ 1,75 mètre et avait un peu de ventre.

 

Il était le quatrième enfant d’une fratrie de neuf, dans une famille pauvre de l’Arkansas qui luttait pour trouver de quoi vivre au milieu de la dépression et de la guerre. Un des frères est mort dans la guerre en Corée tandis qu’un autre est mort de la fièvre. Mais chacun des frères et sœurs qui ont survécu s’en sont bien sortis dans la vie.

   

    

Pour nous, enfants, il n’y avait rien d’extraordinaire chez notre papa. Je crois qu’il n’était pas allé à l’école plus de dix ans, mais après la guerre, il a étudié pour devenir mécanicien. Il a travaillé pendant 27 ans en tant que civil sur une base militaire.

 

Il n’était pas particulièrement beau – même si cette photo prise dans son uniforme militaire quand il avait la vingtaine lui donne l’air d’être une star de film.

 

Les enfants ne se rendent pas toujours compte de tout, mais c’était réellement un héros. Il a servi dans la seconde guerre mondiale. John Wayne a l’air héroïque dans les films. Papa ?

 

C’était juste un gars ordinaire, mais il a rampé dans la boue en France et en Allemagne pendant que l’ennemi faisait feu avec son artillerie. John Wayne est resté à la maison et il a fait des films.

 

 

Papa a été blessé lors d’un accident en Allemagne trois semaines avant la fin de la guerre et il a boité pendant le reste de sa vie. 

 

Un mari

 

Il a été le mari de Maman pendant 49 ans. Ça n’a pas toujours été facile. Beaucoup d’hommes seraient partis parce que Maman avait des problèmes de nerfs – et parfois de gros problèmes de dépression. Mais Papa est resté. Et ça a fait toute la différence pour nous, ses enfants… et pour Maman.

Papa était un héros – pas le genre de héros qu’on voit à la télé, mais mille fois mieux. Nous vivions dans un petit village perdu, entouré par la forêt. C’était d’ailleurs la raison d’être de ce village : il y avait eu une scierie qui avait fermé, mais certaines personnes étaient restées.

 

Je crois que Papa et Maman vivaient là pour prendre soin des parents de Papa qui prenaient de l’âge. Grandpa ne pouvait pas conduire. Les parents de Maman n’étaient pas très loin non plus, d’ailleurs.

 

Il a payé cher le fait de vivre là : pendant des années, Papa s’est levé à 4h30 du matin pour aller au travail à quelques quatre-vingt dix kilomètres de là. Et il n’a presque jamais été absent.

 

Plus tard, un des hommes qui avaient été responsables dans notre église pendant longtemps m’a dit, le jour des funérailles de Papa : « Tu peux chercher la définition de "fidèle" dans le dictionnaire et tu y trouveras une photo de Francis Porter (papa). »

 

Sa Vie a changé

 

Il avait presque quarante ans quand il est venu au Seigneur – mais il était comme l’un de ces vieux trains à vapeur. Il a commencé doucement, mais petit à petit, il a pris de la vitesse et, vers la fin de sa vie, il était réellement actif.

 

Les dernières quatorze années de sa vie, il est allé tous les dimanches dans une maison de retraite – avant le culte – pour apporter une parole de la Bible aux résidents et chanter des cantiques avec eux. (Une des dames de l’église venait jouer du piano et aidait à conduire la musique. Heureusement pour les résidents.)

 

Quatorze années et il n’a presque jamais été absent. Il n’était pas pasteur à proprement parler, mais il officiait tout de même aux funérailles de certaines personnes qui n’avaient pas d’église. Il a été le dernier arrêt pour nombre d’entre elles avant l’éternité et il a pris cet appel très à cœur.

Pendant des années, il n’a pas non plus manqué un seul culte. Il était là tous les dimanches et mercredis soirs aussi.

 

Il était celui qui s’asseyait devant et qui disait « amen ! » environ 35 fois pendant un message, qui chantait faux mais avec une grande conviction. Un jour, le pasteur a dit quelque chose qui l’auto-dépréciait un peu et Papa – juste par habitude – a fait entendre un puissant « Amen ! »

 

Papa aimait le Seigneur. Beaucoup.

 

La mort de Papa a été l’une des plus difficiles pour moi. Nous étions aux Etats-Unis quand il a mené sa dernière bataille contre le cancer. Près de la fin, il m’a dit : « Tu sais ce que le Seigneur m’a dit ? Il m’a dit que si j’étais encore là quand tu repartirais pour la France, je serais encore là quand tu reviendrais aux Etats-Unis. » Ces retrouvailles devront attendre que nous le rejoignions au Ciel.

 

Quand nous étions au Luxembourg, il appelait toutes les deux semaines sans jamais oublier. Quand il est mort, j’ai fait un rêve et je n’ai jamais fait un rêve qui semblait si réel auparavant.

 

Le rêve

 

Dans mon rêve, Papa m’appelait et j’ai presque pensé que le Seigneur le laissait m’appeler depuis le Ciel. “Papa, tu nous manques” ai-je dit avec des larmes. Et puis le rêve s’est arrêté.

 

Je remercie le Seigneur d’avoir mis dans ma vie un père terrestre qui m’a donné un aperçu de la façon dont notre Père céleste nous aime. Il était un véritable héros qui aimait sa famille et le Seigneur. Rien de spectaculaire à la Hollywood, mais du normal. Ce qui est souvent spectaculaire.

 

Tout comme notre Père céleste : « L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve ; Il fera de toi sa plus grande joie ; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d'allégresse » (Sophonie 3:17)

 

Merci à Dieu pour notre Père céleste, notre héros, notre puissant guerrier qui nous sauve. Et je remercie Dieu pour le père terrestre qu’Il m’a donné, qui m’a rappelé mon Père céleste.